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Burkina Faso : l’ex-président Blaise Compaoré demande Pardon À La Famille Sankara

by Theophile
Blaise Compaoré

Condamné par contumace en avril à la perpétuité pour l’assassinat de Thomas Sankara, l’ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré a “demandé pardon” mardi à la famille de son prédécesseur. Une demande qui intervient deux semaines après une visite controversée dans son pays de l’ancien chef de l’État vivant en exil, renversé par la rue en 2014.

L’ancien président burkinabè Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire depuis 8 ans et condamné à la prison à vie dans le dossier de l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, a demandé mardi, pardon, à la famille de ce dernier, ainsi qu’au peuple Burkinabè pour tous les actes qu’il avait commis lors de sa gestion du Burkina Faso, 27 ans durant. “Je demande pardon au peuple burkinabé pour tous les actes que j’ai pu commettre durant mon magistère, plus particulièrement à la famille de mon frère et ami Thomass Isidore Noël Sankara”, a écrit Compaoré, dans un message livré par le porte-parole du gouvernement burkinabè Lionel Bilgo.

“J’assume et déplore, du fond du cœur, toutes les souffrances et drames vécus par toutes les victimes durant mes mandats à la tête du pays et demande à leurs familles de m’accorder leur pardon”, a souligné Compaoré, souhaitant que “nous puissions aller de l’avant désormais pour reconstruire notre destin commun sur la terre de nos ancêtres”.

Compaoré a appelé les Burkinabè à se donner la main dans un esprit de patriotisme “pour taire définitivement nos querelles et rancœur”. “Il est important aujourd’hui, de travailler au recouvrement de l’intégrité territoriale, à la reconstruction et promotion d’un environnement favorable à l’épanouissement durable pour tous”, a-t-il dit, expliquant que “c’est l’unique voie, qui permettra ainsi de mettre fin à nos incompréhensions et conflits intercommunautaires pour lutter efficacement contre le terrorisme qui a tant saigné notre pays et ébranlé ses fondements”.

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L’ancien président burkinabè a souligné que le Burkina Faso vit depuis quelques années, l’une des crises les plus graves de son histoire, qui le menace jusqu’à son existence même.

Cette crise, a-t-il dit, caractérisée par des attaques terroristes d’une “rare violence et des conflits intercommunautaires”, a causé des milliers de morts et des déplacements massifs. “Face à cette situation dramatique et critique que vit notre chère patrie, nous n’avons effectivement d’autres choix que de taire nos divergences pour sauver notre patrimoine commun, le Burkina Faso. Cette Nation, qui nous a été léguée par nos aïeux, mérite mieux que le sort funeste que des terroristes veulent lui réserver”, a-t-il dit. “C’est pourquoi, j’appelle tous nos compatriotes, filles et fils du pays, de l’intérieur comme de l’extérieur, à une union sacrée, à la tolérance, à la retenue, mais surtout au pardon pour que prévale l’intérêt supérieur de notre Nation”, a-t-il ajouté.

Il a formulé le vœu que “le sang de tous nos martyrs, civils et militaires, tombés depuis le début de cette grave crise, puisse constituer le ciment de notre amour fraternel, l’attachement à la patrie et notre solidarité à tous”.

Compaoré, 71 ans, à la tête du Burkina Faso durant plus de 27 ans, a été chassé du pouvoir par la rue en octobre 2014, alors qu’il tentait de modifier la Constitution burkinabè pour s’offrir un autre mandat. Exilé depuis lors, en Côte d’Ivoire, pays voisin qui lui a accordé la nationalité, Compaoré a effectué un voyage de deux jours en début juillet à Ouagadougou dans le cadre d’une rencontre de haut niveau convoquée par l’actuel président de la Transition le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, afin d’aller à une réconciliation nationale – qui va favoriser la lutte contre le terrorisme.

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Son voyage à Ouagadougou avait suscité de vives polémiques chez les défenseurs des droits de l’Homme et les avocats de la famille Sankara, qui demandaient son arrestation.

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