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Cameroun-Affaire Martinez Zogo : Amougou Belinga et Cie renvoyés au Secrétariat d’Etat à la défense (SED) pour la suite de l’enquête

by Theophile
Amougou Belinga

Arrivés au Tribunal militaire vers 15h30 le jeudi 23 février 2023, les présumés commanditaires et assassins du journaliste lanceur d’alerte Martinez Zogo, sont retournés aux premières heures de ce vendredi 24 février vers 1h30 au Secrétariat d’Etat à la défense (SED) où ils sont gardés à vue depuis environ une vingtaine de jours.

Amougou Belinga et Cie sont encore retournés au SED après un bref passage devant le Commissaire du gouvernement ce matin au Tribunal militaire de Yaoundé. La trentaine de personnes interpellées dans le cadre de cette affaire dont Jean Pierre Amougou Belinga ont passé environ dix heures d’horloge au tribunal militaire. Le commissaire du gouvernement a auditionné les accusés en présence de leurs avocats.

Dans le texte suivant le journaliste et sociologue Serge Aimé Bikoi, revient sur les raisons de cet autre renvoie au SED :

La navette entre le Secrétariat d’État à la défense (Sed) et le Tribunal militaire de Yaoundé continue. Aux premières heures de la matinée du vendredi, 24 février 2023, le promoteur du groupe L’Anecdote et une vingtaine de suspects ont été ramenés, pour la seconde fois, dans les geôles du Sed après avoir passé dix heures de temps et de suspense dans les cellules du Tribunal militaire de Yaoundé.

Jean Pierre Amougou Belinga, patron du groupe L’Anecdote, Bruno Bidjang, directeur général du groupe de médias Vision 4, Satellite Fm et L’Anecdote et une vingtaine d’agents de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre) sont, de nouveau, attendus devant le commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé la semaine prochaine. C’est, en effet, à 1h et 55 minutes que des chauffeurs de sept véhicules de la gendarmerie nationale et de la sûreté nationale ont reconduit la vingtaine de suspects dans les cellules du Sed. Certaines personnes interpellées y sont en garde à vue depuis le 31 janvier 2023 alors d’autres individus faisant intégrante du groupe de presse L’Anecdote accompagnés de leur employeur y séjournent depuis le 6 février 2023.

Jusqu’ici, personne ne sait pourquoi le commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé a renvoyé, une nouvelle fois, ces suspects au Sed après les avoir auditionné nuitamment. En revanche, selon des sources crédibles, il a été évoqué un problème technique lié à la qualité de l’un des suspects qui doit être jugé par un des magistrats militaires. Il s’agit, en effet, du lieutenant-colonel, Justin Danwe, qui doit être, en réalité, jugé soit par un colonel, soit au moins par un autre lieutenant-colonel. C’est le problème qui se pose avec acuité et qui semble entraver la poursuite de cette procédure au point d’entraîner un nouveau renvoi.

Aucun avocat de la défense ne s’est exprimé pour éclaircir sur les contours de cette procédure judiciaire. Aperçu hier à la sortie de cette juridiction militaire, Me Jacques Mbuny, avocat du lieutenant-colonel, Justin Danwe, était le premier à vite s’installer dans sa grosse cylindrée noire et à quitter les lieux vers 1h et 45mn sans mot dire à l’ensemble de la presse nationale et internationale massivement mobilisée et en quête du d’informations fraîches sur la nouvelle tournure que prend l’affaire Martinez Zogo, dont le corps a été retrouvé sans vie à Ebogo 3, une bourgade située dans la périphérie de Yaoundé le 22 janvier 2023.

Même l’avocat du groupe L’Anecdote, Me Charles Tchoungang, aperçu dans l’après-midi au moment de l’arrivée de ses clients au Tribunal militaire de Yaoundé, n’a accordé aucune interview à la sortie de cette chambre juridictionnelle.
Quelques minutes avant la sortie et le retour des suspects au Sed, il y a eu des moments de tension entre les éléments de la gendarmerie nationale et des journalistes. Des cameramen et reporters photographes, dont celui de la chaîne de télévision privée locale, Canal 2 international, ont été interpellés et conduits à la première légion de gendarmerie du Centre pour avoir filmé l’enceinte du Tribunal militaire de Yaoundé au moment où chacun attendait, impatiemment, la sortie des personnes gardées à vue.

Leurs matériels ont été happés et confisqués. Arnaud Nguefack, journaliste à Canal2 international, a tenté, en vain, de défendre son collègue cameraman embastillé et de convaincre les hommes en tenue exaspérés. Peine perdue ! Njoya Moussa, analyste politique, venu à sa rescousse, a exprimé également son courroux, face aux abus de ces éléments de la gendarmerie nationale. Brand Kamga, journaliste au web média, Naja Tv, s’est obstiné, quant à lui, à prôner l’apaisement entre ses amis et confrères englués dans une chaude dispute.

L’enjeu étant de ramener les uns et les autres au calme. Mais au finish, ils iront tous à la première légion de gendarmerie du Centre plaider la cause de leurs confrères arrêtés et dont le matériel était toujours entre les mains des bidasses. Aux environs de une heure du matin, Sawara Roger, fils de feu Simon Achidi Achu, ancien Premier ministre du Cameroun, a été le premier à être placé en garde à vue au Tribunal militaire pour avoir filmé discrètement Jean pierre Amougou Belinga alors qu’il sortait pour aller faire ses besoins.

Comme le mardi, 14 février 2023, la journée du jeudi, 23 février a été une journée suivie d’une nuit bourrée de suspense , la foule immense constituée de journalistes, d’amis des Hommes de médias, des cadres, du personnel du groupe L’Anecdote et de curieux venus attendre la sentence du commissaire du gouvernement du Tribunal militaire relative à l’affaire liée à l’assassinat du chef de chaîne de Amplitude Fm. Mais en vain ! Ce sera probablement la semaine prochaine.

Serge Aimé Bikoi

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