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Les employés de Nextell Cameroun sont à 8 mois sans salaire

by Theophile
Viettel Cameroun

Plusieurs employés contactés par notre confrere Actu Cameroun, ne savent pas si leurs enfants iront à l’école en septembre 2022.

C’est la psychose générale chez les employés de la compagnie de téléphonie mobile Nextell Cameroun. Une alerte à Actu Cameroun a permis de comprendre que depuis 8 mois maintenant les travailleurs de cette compagnie de téléphonie mobile sont sans salaires.

« Les derniers salaires payés à Nexttel (Viettel Cameroun) remontent au mois de Novembre 2021, ce qui fait huit mois d’arriérés de salaire dans cette entreprise gérée jusqu’à ce jour par le milliardaire Baba Danpullo », explique une source proche de l’entreprise. Approché par Actu Cameroun, plusieurs employés dans cette triste situation ont peur pour le lendemain et optent pour une confidence sous anonymat.

Beaucoup ont déjà été chassés par les bailleurs, d’autres ont trouvé la mort

« Nous ne savons pas comment nous enverrons nos enfants à l’école. Tous ceux qui ont essayé de grever dans cette société ont été chassés. Sans toute autre forme de procédure », explique un travailleur de Nextell. Un autre dans le désespoir soutient que les conséquences de cette situation sont désastreuses sur les familles des travailleurs de Nextell.  Ils appellent le gouvernement à l’aide.

« Aujourd’hui les employés sont désespérés et ne savent plus à quel saint se vouer, alors que la rentrée scolaire se pointe déjà à l’horizon. Beaucoup ont déjà été chassés par les bailleurs, d’autres ont trouvé la mort ou leur proche faute de moyens pour se soigner, et beaucoup à ce jour ont déjà perdu leurs femmes. Nous prions notre gouvernement de nous venir en aide svp car beaucoup ont déjà été chassés pas les bailleurs », explique un autre employé.

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Le salaire au sein de Viettel Cameroun est négocié de commun accord entre l’employeur et l’employé durant la signature du contrat

Toute tentative d’Actu Cameroun pour joindre la direction générale de Nextell a été veine. Ce n’est pas la première fois que l’entreprise est au-devant de la scène.  En juin 2020, les employés de la compagnie de téléphonie mobile Nexttel, filiale camerounaise du vietnamien Viettel, avaient engagé un mouvement de grève dans plusieurs agences du pays : notamment dans le Littoral, le Sud-Ouest, le Nord-Ouest et le Sud. Ce débrayage avait alors fait sortir le top management de sa réserve.

En effet, dans un communiqué officiel, la direction générale avait répondu point par point à certaines revendications des grévistes. Au sujet de la réduction des salaires de 50%, Nexttel déclarait : « Cette affirmation est fausse. Il est demandé aux grévistes de prouver cette accusation par la production de leurs bulletins de paie qui attesteront leurs allégations. Par ailleurs, il convient d’indiquer qu’une désinformation a fait l’objet de parution sur les réseaux sociaux et certains médias dans ce sens. Toute chose qui aurait été formellement démentie par le top management de Viettel Cameroun ».

Au sujet par exemple du paiement du treizième mois, Nexttel déclarait qu’il représente une gratification payée lorsque l’entreprise a une activité rentable en fin d’exercice. C’est une forme de redistribution des dividendes. Seulement, souligne le top management, l’entreprise était déficitaire et ne peut donc pas se permettre de payer le treizième mois quand les charges de fonctionnement ne sont pas couvertes. Sur le point concernant la discrimination salariale, le top management répondait : « Le salaire au sein de Viettel Cameroun est négocié de commun accord entre lemployeur et lemployé durant la signature du contrat. Les prétendues réclamations ne se justifient pas. Aussi, la liberté de contraction voudrait que si lon nest pas d’accord, on n’accepte pas l’offre proposée ».

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Le Bureau international du travail est intervenu auprès du gouvernement camerounais

Enfin, quant aux congés payés, Viettel Cameroun déclarait que pour des raisons de pression de travail, il peut arriver qu’ils soient différés. Cependant, ces derniers sont rattrapés quand les circonstances le permettent. Des réponses de la direction générale de la filiale camerounaise de Viettel qui avaient eu le don de radicaliser les grévistes. Ces derniers promettaient d’ailleurs de poursuivre une grève illimitée sur l’ensemble du territoire jusqu’à ce que leurs revendications soient prises en compte. Les grévistes estimaient que « la direction générale fait du déni et fait preuve d’arrogance ». Ils révèlent que, pour avoir participé à la grève du 11 juin, ils n’ont plus accès à leurs bureaux et que leurs lettres de licenciement sont en cours de préparation au niveau de la Direction des ressources humaines.

Parallèlement, après l’échec d’une médiation menée par l’inspection du travail, le Syndicat national des travailleurs des nouvelles technologies et de la communication (Syntic) a saisi, le 29 mai dernier, l’Organisation internationale du travail (OIT) au sujet « des allégations de violations graves » des droits de travailleurs au sein de Nexttel. Karen Curtis, cheffe du service de la liberté syndicale au sein de l’OIT a répondu dans une lettre datée du 10 juin 2020 que, « le BIT [Bureau international du travail] est intervenu auprès du gouvernement [camerounais] ». Elle a ajouté qu’elle ne manquera pas de tenir informé le Syntic de « toute observation que le gouvernement transmettra sur cette affaire ».

Actu Cameroun

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