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Calixthe Beyala à Béchir Ben Yahmed : « force est de constater que des hommes de votre trempe n’existent plus »

by Theophile
Calixte Beyala

L’écrivaine franco-camerounaise salue la mémoire du fondateur de Jeune Afrique décédé le lundi 03 mai 2021 à Paris.

Dans une tribune sur sa page Facebook, ce mardi 04 mai 2021, l’écrivaine franco-camerounaise a rendu hommage à Béchir Ben Yahmed, le fondateur de l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique.

Cher Béchir Ben Yahmed, que de l’eau a coulé sous les ponts, depuis notre première rencontre il y a plus de trente ans.

Tour à tour adversaires ou complices dans les mouvements qui ont secoué l’Afrique, jamais vous ne m’aviez manqué de respect, et c’était réciproque. Oui, une admiration réciproque.

Jamais vous n’aviez refusé de publier un de mes articles fussent-il contraire à vos idées… C’est ça la démocratie… Hélas, force est de constater que des hommes de votre trempe n’existent plus. Vous étiez le dernier des démocrates.

La dernière fois que nous nous sommes parlés, c’était au téléphone.  Je vous demandais alors de m’aider à mettre en place une maison des cultures Africain-françaises. Vous m’aviez répondu : « Chère Calixthe Beyala, j’aurais tant aimé bâtir ce monument avec vous. Mais voyez-vous, je me fais vieux, je n’ai plus cette force. »

Il y avait de la déception dans votre voix ; dans la mienne aussi au moment de raccrocher. Je savais alors qu’une page se tournait, qu’une histoire s’achevait.

Quelques semaines après, alors que je m’en allais chercher un Visa à l’ambassade du Cameroun, je m’arrêtais à votre bureau comme souvent je le faisais, vous rendant visite par surprise. J’attendis, on me dit que vous n’étiez pas là… Je compris alors que même si vous n’étiez plus là.

Bon voyage, cher Béchir Ben Yahmed et à bientôt.

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