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Bertoua : La population de Nganke en colère contre Mgr Joseph Atanga

by Theophile
Mgr Joseph Atanga

Le dimanche 7 août 2022, elles ont organisé une marche pour protester contre l’occupation illégale de leurs terres par l’archevêque de Bertoua

Le dimanche matin 7 août 2022, les habitants du village de Nganké, situé à environ 12 km de Bertoua, sur l’axe Bertoua-Dimako, ont organisé une marche de protestation. Il leur appartenait d’exprimer leur colère contre l’Archevêque de Bertoua, Monseigneur (Mgr) Joseph Atanga. Ce dernier est accusé d’avoir pris « plus de terres qu’il n’en avait besoin et qui ne lui ont pas été données lors de son installation à Bertoua en 2009 ».

Il y a quelques jours, le chef de ce village, Alphonse Bara Baman, s’était fendu en une sortie dans les réseaux sociaux sur ce qu’il avait dénommé « le conflit foncier qui oppose l’archevêque de Bertoua à notre village sur une superficie de 125 ha ». Celui qui est également président de la section Lom-et-Djerem Sud 1 du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) disait « venir par le présent message vous rendre compte de ce qu’un climat délétère prévaut à nouveau depuis quelques semaines dans notre village à la suite des travaux d’implantation d’un bâtiment engagé par le diocèse sur la parcelle appartenant à la collectivité coutumière conformément à la correspondance du ministre des Doamines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) portant règlement dudit conflit».

L’ancien directeur des affaires foncières de Mindcaf a rapporté à l’occasion que « plusieurs consultations » [avaient été] menées ces dernières années par les instances dirigeantes en vue de la solution définitive de la crise ». Selon Alphonse Bara Baman, « elles ont tout mis fin à l’échec en raison de la volonté du prélat d’aller au-delà des 40 ha que lui avait donnés le village. alloués pour la construction de l’Archidiocèse et de l’Université ». Ceci malgré les concessions faites par les habitants de Nganké. « Afin de soutenir ces projets qui pourraient stimuler le développement de notre village et prévenir la crise, nous avons, en plus de la 40 ha alloués en 2009 ont décidé d’ajouter 10 ha et le procès-verbal technique de bornage a été signé ».

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Convocations

Face à la volonté d’harmoniser leurs relations avec l’église catholique, l’archevêque répond par de régulières convocations de la police et de la gendarmerie pour, soutient le chef du village, « menacer et intimider nos populations qui ne demandent qu’à exploiter paisiblement les terres de leurs ancêtres pour survivre ». C’est ainsi que le samedi 30 juillet 2022, « jour non ouvrable », sept personnes ont été convoquées par la légion de gendarmerie de l’Est « en vue de répondre sur des faits relevant purement d’un conflit foncier », indique Alphonse Bara Baman.

Ce dernier dit rester « constant dans la ferme détermination à préserver l’espace vital de nos populations en conformité aux lois et règlements de notre pays ». Pour cela, « la notabilité [de Nganké] a décidé de mener dans les prochains jours des actions appropriées en vue de mettre définitivement fin à ce conflit d’accaparement et de spoliation des terres des minorités et des autochtones ». Le chef du village Nganké invitait alors, en guise de conclusion, l’élite « à rester en éveil pour que chacun puisse jouer pleinement son rôle dans cette bataille malheureuse non souhaitée et qui s’impose à nous désormais ». Visiblement, les populations n’ont pas attendu longtemps et se sont mobilisées le dimanche 7 août 2022 pour signifier à l’archevêque leur ras-le-bol.

Pour rappel, ce n’est pas la première fois que Joseph Atanga se heurte à la population sur divers sujets. On se souvient que le 30 juillet 2017, les chrétiens de la Cathédrale de la Sainte Famille, située au centre de la ville de Bertoua, ont battu le macadam pour « exiger le départ de l’archevêque de Bertoua ». Des membres de la communauté chrétienne de l’archidiocèse de Bertoua ont dénoncé « les abus et la mauvaise gestion de Mgr Joseph Atanga » dans une lettre écrite plus tôt au gouverneur de la région de l’Est. Alors que les pancartes des 300 fidèles défilaient ce jour-là, on pouvait lire des appels à « déplacer nos plantations de Nganké et le ranch de la Sodépa à Ndokayo ».

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