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Au Cameroun, l’Unicef plaide pour plus d’investissements en faveur de l’allaitement maternel

by Theophile
allaitement maternel

A l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM) célébrée du 1er au 7 août 2022, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a exhorté le gouvernement à allouer davantage de ressources en faveur de cette pratique, notamment pour les familles les plus vulnérables vivant dans des contextes d’urgence. Selon l’Unicef en effet, l’insuffisance des investissements dans ce domaine nuit aux nourrissons et aux mères. Pourtant, il est prouvé que l’allaitement maternel est un moyen optimal pour fournir une alimentation permettant une croissance et un développement sains du nourrisson.

Et chez la mère, il permet de prévenir certains cancers, notamment celui du sein, la forme la plus fréquente au Cameroun qui tue en moyenne 2 000 femmes chaque année dans le pays. En raison de pratiques inappropriées d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, la faible promotion de l’allaitement maternel au niveau des formations sanitaires et auprès des communautés, la violation du Code de commercialisation des substituts du lait maternel adopté par le Cameroun depuis 2005 ou de certaines considérations sociales, de nombreux enfants sont privés des bienfaits de l’allaitement maternel qui leur permettraient de survivre.

Au Cameroun, seuls 40% des enfants de moins de six mois sont allaités exclusivement au sein (EDS 2018). Soit environ quatre enfants sur 10 qui ne prennent que le lait maternel jusqu’à six mois, ce qui expose davantage les autres au risque de maladie et de décès, selon les spécialistes. Ce taux est encore en deçà des standards de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui recommande au moins 50% d’allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois de l’enfant d’ici 2025. Alors que le Cameroun fait actuellement face aux situations d’urgence (conflits, crise sanitaire, insécurité alimentaire, flambées des prix…), la représentante de l’Unicef au Cameroun, Nadine Perrault, rappelle que le lait maternel constitue un aliment sûr, nutritif et accessible pour les nourrissons et les jeunes enfants.

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Insécurité alimentaire

«Quel que soit l’endroit, le premier geste quand un enfant est né, c’est l’allaitement. L’allaitement sauve la vie, et ça ne coûte rien. Pour cela, il faut que les mères disposent de toutes les facilités et les informations possibles pour qu’elles puissent allaiter dès la naissance de leur enfant », a-t-elle déclaré, à l’occasion d’un briefing des médias dans le cadre de la SMAM, vendredi à Yaoundé. C’est pourquoi l’Unicef appelle le gouvernement à intensifier ses efforts pour investir «en priorité» dans les politiques et les programmes favorisant l’allaitement maternel, surtout dans les contextes fragiles et les situations d’insécurité alimentaire.

Mais aussi à doter les agents de santé et les professionnels de la nutrition des compétences nécessaires afin qu’ils apportent des conseils de qualité et un soutien concret aux mères pour un allaitement réussi. Cette agence onusienne plaide aussi pour la protection des professionnels de santé contre les « techniques d’influence marketing peu scrupuleuses » de l’industrie du lait maternisé par l’adoption et la mise en œuvre effective du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel.

Ainsi que la mise en œuvre des politiques favorables à la famille qui permettent aux mères de disposer du temps, de l’espace et du soutien dont elles ont besoin pour allaiter, notamment par le biais de l’instauration d’un congé parental rémunéré, de l’allongement du congé de maternité et de la création d’endroits permettant d’allaiter en toute sécurité sur le lieu de travail. « Tous les acteurs doivent encourager l’allaitement maternel, parce que ce n’est pas une action qui sauve seulement les enfants. C’est bon pour tout le développement de l’enfant en général, mais aussi pour former des citoyens qui ont beaucoup d’empathie, sont forts et sont prêts à contribuer au développement de leur pays », affirme Nadine Perrault.

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SBBC

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